Deception Island

A 120 km au Nord de la péninsule antarctique, se trouve un archipel d’îles appelé les Shetland du Sud. S’étendant sur plus de 500 km de long, cet archipel est la fin de la cordillère des Andes, disparaissant sous la mer à l’extrême Sud de la Patagonie.
La plus connue des îles des Shetland du Sud, est Deception Island située à 62° de latitude Sud (voir sur une carte).

Deception Island est bien souvent traduit en français par « île de la Déception ». La traduction exacte est cependant « île de la tromperie ». D’apparence parfaitement ronde de l’extérieur, elle possède en fait une entrée maritime qui fut trouvée par les baleiniers américains en 1820. Si dans un premier temps ils furent trompés par son apparence impénétrable, ils finirent cependant par en trouver l’entrée…

En son centre, se trouve une dépression remplie d’eau de mer, provoquée par l’effondrement de la partie centrale d’un volcan, consécutif au fait que la chambre magmatique sous-jacente a été en partie vidée par des éruptions. Cette caldeira, d’un diamètre interne de 9 kilomètres, est caractérisée par une partie effondrée sur sa face Sud, appelée le Soufflet de Neptune. Cet étroit passage d’à peine 230 m de large, a permis au début du 19ème siècle aux chasseurs de phoques, d’y trouver refuge avec leurs navires.
Une société de chasse à la baleine y établit en 1906 une base pour son navire usine. En 1914, 13 navires occupaient également l’île ! Ces navires usines extrayaient directement à bord l’huile à partir de la graisse des baleines. La base qui fut installée dans la caldeira, ne servit qu’à améliorer le rendement en traitant également la graisse, mais avec de meilleurs outillages. En 1931, la chasse n’étant plus rentable, la station baleinière fut abandonnée. C’est en 1969, qu’une éruption volcanique recouvrit de cendres une grande partie des installations. Il ne reste actuellement en guise de vestiges, que quelques bâtiments de vie et ateliers, des réservoirs de stockage, ainsi que les bouilleurs de graisse de baleine.

Cette éruption de 1969, détruisit également une base installée par les anglais dans le cadre de l’opération secrète Tabarin. Les bases chiliennes Pedro Aguirre Cerda et Gutierrez Vargas furent elles aussi détruites et de nos jours, deux bases scientifiques sont présentes et ouvertes : Gabriel de Castilla pour l’Espagne et Decepción Station pour l’Argentine.

Au niveau de la faune, l’intérieur de la caldeira n’est peuplée d’aucune colonie d’oiseau, sans doute en raison des caractéristiques physico-chimiques de l’eau ainsi que de sa température, influencées par l’activité volcanique. A l’extérieur de l’île cependant, à Baily Head, se trouve la plus grande colonie de manchots de la région. Imaginez un amphithéâtre de cendres volcaniques noires, parsemé ça et là de mousses vertes-orangées et rajoutez plusieurs dizaines de milliers de couples de manchots à jugulaire… Vous obtenez alors un spectacle surréel !

2 réponses
  1. Samuel dit :

    C’est à présent expliqué dans l’article : le mot « deception » en anglais, doit être traduit par « tromperie » ou « supercherie » plutôt que par « déception ».

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