Les nombreuses rivières encore sauvages et intactes du Canada, sont le lieux de prédilection pour la reproduction des saumons. Ces poissons sont dits anadromes vivant le plus souvent en eau de mer, mais se reproduisant en eau douce (grec « ana » qui signifie vers le haut).
Du coté Pacifique du Canada, cinq espèces de saumons peuvent se rencontrer ; le Chum Oncorhynchus keta (ou saumon du Pacifique, saumon kéta ou saumon chien), le Socheye Oncorhynchus nerka (ou saumon rouge, saumon nerka), le Pink Oncorhynchus gorbuscha (ou saumon rose), le Coho Oncorhynchus kisutch (ou saumon coho) et le Chinook Onchorynchus tshawytscha (ou saumon quinat).
Selon les espèces, les saumons passent entre une et sept années dans le Pacifique, avant de retourner dans l’eau douce pour pondre ; en général à l’automne. Ainsi la durée de vie varie de deux ans pour les pink, à huit ans pour certains sockeye et chinook. Une fois la frayère atteinte, la femelle creuse un « nid » dans le gravier du lit de la rivière où elle pond environ 2 500 oeufs, que le mâle viendra fertiliser en déposant sa laitance. Quelques semaines après, les deux individus décèderont. Les oeufs resteront dans le gravier jusqu’au printemps suivant avant d’éclore. Le jeune appelé allevin, restera dans un premier temps dans le gravier où il vivra des nutriments se trouvant dans une sorte de poche sous son corps. Après avoir absorbé ce « sac », l’allevin devra maintenant nager et se nourrir. Certaines espèces (pink et chum notamment) migrent directement vers la mer, alors que les autres restent dans l’eau douce trois ans ou plus. Toutes les espèces de saumons passent un certain temps dans les estuaires pour s’adapter à l’eau salée, ces zones riches en nourriture permettent aux jeunes poissons de grandir rapidement. Une fois qu’ils ont atteint l’océan ils voyagent des miliers de kilomètres avant de retourner vers les zones de frayère. Le temps passé en mer varie selon les espèces ; en général les pink et les coho passent un an dans l’océan, mais les autres espèces y passent deux, trois ou quatre années. Chaque saumon retourne sur son lieu de naissance pour pondre.
Me voilà comme convenu arrivé et installé pour quelques semaines à Stewart, petit village en Colombie-Britanique au Canada (localiser sur une carte). Ce petit bourg est situé à l’extrémité du canal de Portland qui avec ses 145 kms de long, est le quatrième plus grand fjord du monde, débouchant directement sur l’Océan Pacifique.
Stewart a connu son heure de gloire en 1910, quand cette petite ville comptait un peu plus de 5 000 personnes toutes à la recherche d’or et d’autres trésors. Toute cette agitation s’est rapidement estompée et de nos jours Stewart ne compte guère que 400 personnes ! Tout autour de la ville, de majestueuses montagnes recouvertes de forêts sont coiffées de grands glaciers. Ces forêts et les nombreuses rivières avoisinantes abritent une biodiversité impressionnante : ours noirs, loups, saumons, grizzlis, gloutons, chèvres des montagnes, aigles pêcheurs, castors et bien d’autres…
Pardonnez mon silence de ces dernières semaines, mais mon accès à internet étant plus que limité, je n’ai pas pu vous faire partager mon voyage au Groenland… Celui-ci s’est donc achevé le 20 aout en Islande après 10 jours passés à sillonner la cote Ouest du Groenland. Visites de villages inuits, promenades à terre et en bateau ont rythmé ce voyage, mais je crois que je garderai surtout en mémoire cette arrivée spectaculaire dans la Baie de Disko, passage obligé pour toutes personnes arrivant par la mer pour visiter la troisième plus grande ville du Groenland ; Ilulissat. Arrivée mémorable donc, puisqu’à quelque kilomètres de la ville se trouve le plus grand exutoire d’icebergs de tout l’Arctique avec le Glacier d’Ilulissat. C’est une moraine sous-marine à 80 mètres de fond, qui bloque la plupart des gros icebergs vêlés par le glacier sur leur route vers le large. A 60 kilomètres du front de ce glacier et juste devant la ville s’observent donc de gigantesques icebergs échoués sur le fond de cette moraine. Arriver par la mer sur la ville d’Ilulissat est un moment spectaculaire, surtout les soirs d’été lorsque la lumière rasante donne des teintes rosées à ces géants de glace…
Voilà déjà deux mois que je sillonne l’archipel du Svalbard, mais aujourd’hui c’est la fin.
La fin d’une saison extraordinaire, aux quatre coins de ce Spitzberg magique et envoûtant ! Il est bien évident que je ne peux garder qu’un seul souvenir en tête, mais seulement la somme de plusieurs rendant ainsi l’équation juste insoluble ; le spectacle hallucinant de la falaise d’Alkefjellet et ses milliers de guillemots, la toute petite île de Rossøya point extrême de l’Europe juste avant le pôle, ma première baleine bleue à l’entrée du Horsund, la soixantaine d’ours polaires observés, la mystérieuse île de Kvitøya, la banquise dans le Détroit de Hinlopen ou encore l’enthousiasme et les sourires de toutes ces personnes qui sont venues partager avec nous, notre passion pour le Grand Nord ! Je crois que seule la superbe lumière de Palanderbukta au cours de notre dernière soirée, pouvait ainsi conclure cette saison…
Evènement ce mercredi soir alors que nous étions en train d’effectuer notre traditionnelle séance d’observation de baleines, puisqu’une énorme masse est subitement apparue à la surface : la baleine bleue !
Cette baleine est non seulement le plus gros animal vivant sur terre, mais il est possible qu’elle soit également plus importante en terme de taille, que le plus grand dinosaure connu ! Les baleines bleues du Sud sont habituellement plus grosses que celles vivant dans l’hémisphère Nord. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 30 mètres de long pour un poids pouvant atteindre 200 tonnes ! Elle est facilement reconnaissable à son corps très long, bleu (si la lumière est bonne), avec une toute petite nageoire dorsale située à l’arrière du corps et un souffle atteignant les 9 mètres de hauteur.
La population mondiale actuelle est estimée à 11 000 individus, ce qui ne représente plus que 15% de la population connue avant l’ère de la chasse à la baleine…
Extraordinaire rencontre en tout cas, dans une ambiance mystérieuse composée de lumières basses et d’un peu de brouillard. Furent également observés des dauphins à bec blanc, des rorquals communs, et la semaine dernière des baleines à bosse ainsi qu’un cachalot. Superbe endroit en tout cas que cette zone de hauts fonds au large à l’Ouest du Hornsund !









Derniers commentaires :
Agnès B. dans Welcome to Stewart
anna dans Welcome to Stewart
fatima dans Baie de la Madeleine