L’article ci-dessous qui aborde les différences entre un manchot et un pingouin, a été réalisé par les élèves de la classe de CP/CE1 de l’école du Cheylas.
En anglais, on appelle « penguin » les manchots alors quand on traduit les livres en français, comme le mot « penguin » ressemble beaucoup au mot pingouin, il y a beaucoup d’erreurs.
En fait, ces deux oiseaux ne sont même pas de la même famille. Ce sont tous les deux des oiseaux marins et leurs plumages sont principalement en noir et blanc mais ils ne vivent pas du tout au même endroit ! Les pingouins vivent dans l’hémisphère nord et les manchots dans l’hémisphère sud. Ils ne se rencontrent jamais et il n’y a pas d’ours polaire du côté des manchots ! Le manchot qui vit le plus haut, le plus près de l’Equateur, c’est le manchot des Galápagos.
Les manchots ne volent pas alors que les pingouins volent. En fait, l’ancêtre des manchots volait. En plus, c’était le même ancêtre que l’ancêtre de l’albatros et du pétrel qui sont des champions du vol ! Le manchot empereur mesure 1m20 et son plus grand ancêtre mesurait 1m80. Mais le manchot n’avait pas de prédateurs quand il était sur la terre ou sur la glace alors ses ailes ne lui servaient à rien pour voler. Donc elles se sont transformées petit à petit en ailerons. Et c’est très bien car le manchot a besoin de bien nager pour attraper ses proies et pour échapper à ses prédateurs ! Donc, les manchots sont de très bons nageurs, ils savent même marsouiner ! En fait on dirait même qu’ils volent sous l’eau ! Ils peuvent plonger plus profondément et plus longtemps que les pingouins, ils nagent aussi plus vite qu’eux. Le record de plongeon du Manchot empereur est de 400 m pour une durée de 18 minutes.
Ce qui est compliqué, c’est qu’il y a un autre oiseau qui a disparu, qui s’appelait le grand pingouin. Il vivait en Arctique et lui aussi était incapable de voler ! Mais c’était un oiseau de la famille des pingouins.
Les manchots et les pingouins se regroupent en colonies pour s’accoupler et nicher. Les pingouins choisissent souvent des falaises parce que comme ça, ils se mettent à l’abri des prédateurs. Comme ils peuvent s’envoler, c’est facile pour eux ! Les manchots, eux, peuvent nicher sur la glace, sur les rochers ou les plages… Il y a même des manchots qui peuvent sauter pour grimper, ce sont les gorfous sauteurs.

C’est en 1775 que le biologiste polonais George Forster, alors naturaliste à bord de l’expédition de Cook, fit les premiers dessins de Manchots empereurs. Il faudra attendre 1840 pour que le premier œuf de cette espèce soit découvert sur de la glace dérivante, par l’expédition de James Clark Ross. C’est finalement en 1902 ,non loin du Cap Crozier en Mer de Ross, que fût repérée par hasard, la première colonie de Manchots empereurs en Antarctique. Au cours de l’hiver 1911, trois membres de l’expédition du britannique Scott : Wilson, Bowers et Cherry-Garrard, se lancent alors sur la banquise pour accéder à cette colonie et y mener les premiers travaux de recherche.
Au fur et à mesure des différentes expéditions en Antarctique, de nouvelles colonies sont découvertes : l’australien Mawson en 1914 sur la côte ouest, Shackleton en 1915 du coté de la Mer de Weddell, une expédition anglaise en 1948 en Péninsule Antarctique, puis les français en Terre Adélie en 1950.
Les dernières colonies ont été découvertes…ces derniers mois par satellite ! En effet, des images analysées par des scientifiques du British Antarctic Survey et de l’Australian Antarctic Division sont formelles, il y a dorénavant 38 colonies de Manchots empereurs en Antarctique. Sur ces 38, 10 sont nouvelles, 6 qu’on pensait existantes n’existent pas ou on disparues, et 6 se sont déplacées de plus de 10 kilomètres. Sur ces photos vues de l’espace, se sont les taches sombres, issues du guano des manchots bien repérable sur la banquise blanche, qui ont permis d’identifier ces colonies. La technique semble fiable, puisque la présence d’une colonie a été confirmée par les scientifiques de la base anglaise de Halley, et une seconde par un navire d’un tour operator présent dans la zone. Il se peut que d’autres colonies jusqu’alors inconnues existent, car comme l’expliquent les scientifiques, la photo par satellite n’est pas assez précise pour identifier des colonies de moins de 500 couples (estimation). Autre limite, il n’est pas possible de connaître de façon précise le nombre exact de manchots pour chaque colonie.

Nul besoin de se rendre à l’autre bout de la planète pour être émerveillé… Il suffit parfois de pénétrer en un lieu, rempli de petits êtres qui vous accueillent joyeusement. Nous partîmes ainsi, le temps d’une journée, à la rencontre des « petits manchots du Cheylas »… C’est comme ça qu’on les surnomme à présent, et pourtant ils sont loin d’être manchots !… Ils avaient déjà bien travaillé avant notre visite et dès l’arrivée ce fût un « on a plein de questions ! » qui retentit dans la salle. Ca commençait bien. Très attentifs aux images qui défilaient devant eux et aux propos tenus, ils avaient effectivement des questions à poser mais connaissaient déjà beaucoup de réponses ! A chaque question qui leur était posée, c’est une flopée de bras qui se levaient ! Presque impossible de les compter tant il y en avait ! Ils avaient drôlement bien appris leur leçon et ça c’était déjà une belle leçon…
Tout au long de la journée, ces petits manchots continuèrent à nous étonner par tout ce qu’ils savaient et tout ce qu’ils voulaient encore savoir. Et pour finir, ils avaient même préparé un cadeau : un livre sur « L’hivernage de Samuel en Terre Adélie », très original, avec textes, dessins et photos ; et qui arracha à son destinataire un « La Vache ! » qui ravit l’assemblée. Ces petits manchots là avaient sans aucun doute mérité leur « goûter polaire » ! Oui, un goûter polaire, généreusement réalisé dans les manchotières alentour. Vous ne connaissez pas le « goûtez polaire » ? Alors il faudra venir faire un tour du côté du Cheylas rencontrer ces petits êtres qui vous accueillent joyeusement, enfin s’il en reste, du goûter !…
Agnès
18 mai 2009, voilà une journée extraordinaire passée… à l’école et oui ! A l’école Chartreuse du Cheylas avec les 21 élèves de CP-CE1. Après avoir rencontré ces mêmes enfants à l’automne 2008, me voici de retour dans leur classe pour mon plus grand bonheur. La journée a commencé par une présentation photo de ma part de ma saison antarctique passée, puis nous avons fait un jeu de 7 familles et il était déjà l’heure de nous quitter. L’après-midi, a surtout été consacrée aux questions/réponses avec les enfants, s’en est suivi un « gouter polaire» pantagruélique préparés par des parents particulièrement inspirés. Nous avons fini cette journée sous le préau par un jeu de l’oie « polaire» (bien évidemment).
Alors les enfants je voulais vous remercier pour votre invitation, je pense que cette journée du 18 mai vous a plu. Moi en tout cas j’ai été ravi de la passer avec vous et je n’arrête pas d’y repenser. Je voulais vous féliciter pour tout votre travail, vos recherches, vos articles, votre site internet (adresse à la fin de cet article)… Un très grand merci aussi à votre maitresse Natacha, car elle a préparé beaucoup de choses de son coté, félicitations aux parents pour ce superbe gouter, et désolé si à la maison ça parle un peu trop manchot, banquise et Shackleton…
Je repars vers de nouveau horizons cet été et je pense que vous serez nombreux à me poser de nouveau des questions sur ce blog. Des choses se préparent aussi avec votre maitresse pour l’année prochaine, mais c’est un secret…
Quand je repense à vos visages rayonnants, vos sourires, vos questions si nombreuses que si j’avais du répondre à toutes j’y serai encore, je n’ai qu’une envie : revenir vous voir !!
Je vous dis à bientôt et vous souhaite un jour de pouvoir voir ces régions polaires de vos propres yeux…
Le site internet de l’école du Cheylas est accessible ici.
Samuel
Une découverte importante a été faite dans le territoire du Nunavut en Arctique, puisque l’ancêtre des actuels Pinnipèdes a été découvert. Ce sous-ordre des Pinnipèdes regroupe trois familles de mammifères marins carnivores : les otaries, les morses et les phoques. Si les scientifiques savaient que ces animaux descendaient d’un ancêtre terrestre, ils n’avaient en revanche aucune idée au sujet de comment ce passage du milieu terrestre au milieu marin s’est effectué. La réponse va sans doute venir de la découverte de ces ossements mis au jour au Nunavut dans l’Arctique depuis 2007 par une équipe américano-canadienne, qui a retrouvé les restes d’un animal aux pattes palmées. Le squelette extrait à 65% est caractérisé par un crâne très similaire à celui d’un phoque et au corps semblable à celui d’une loutre. Cette découverte est considérée comme le chaînon manquant dans l’évolution de certains mammifères terrestres vers le milieu marin, théorie soutenue par Charles Darwin dans son livre L’origine des espèces. Cet animal a d’ailleurs été nommé Puijila darwini, Puijila signifiant jeune mammifère marin en inuktitut (un des quatre grands ensembles dialectaux de la langue inuit).
Cela fait plusieurs fois que je me fais interpeler au sujet de mes photos d’aurores australes réalisées en Terre Adélie et plus particulièrement la technique utilisée. Loin de prétendre d’être un expert en la matière, voici quelques éléments afin de partager mon expérience.
Au niveau du matériel, j’ai utilisé un réflex numérique monté sur un trépied et commandé par une télécommande. Pourquoi ? Les temps de pause pour réaliser ces images étant relativement longs (entre 10 et 30 secondes), il ne faut absolument pas bouger pendant ce laps de temps. Le trépied permet de rester parfaitement stable, surtout s’il y a un peu de vent et la télécommande de déclencher l’appareil sans faire bouger ce dernier au moment où l’on appuie sur le déclencheur.
Concernant l’objectif, j’utilisais une focale comprise entre 28 et 75 mm, mais c’est là que je me suis aperçu qu’un « vrai» grand angle me faisais cruellement défaut. La plupart du temps, les aurores étaient si étendues dans le ciel, que même un grand angle était limite pour cadrer l’ensemble. La vitesse utilisée était de l’ordre de 1/15 à 1/30 pour une sensibilité de 500 à 800 ISO.
Les aurores sont visibles dans les hautes latitudes et par conséquent dans des contrées froides. Il faut donc faire avec cette contrainte, comme prévoir des batteries supplémentaires. Je me souviens qu’une batterie entièrement chargée ne durait que 15 à 20 minutes par -20°C ! Parfois c’est l’affichage digital de l’appareil qui ne fonctionnait plus en raison du froid. Enfin le matériel de marque (Canon dans mon cas), reste un excellent choix (mais en général plus cher), car plus résistant aux conditions extrêmes. J’ai par exemple cassé un objectif 70-300 mm acheté trois fois rien (dont je ne me souviens plus la marque d’ailleurs) en raison du froid alors que les objectifs Canon ont parfaitement résisté ! Mais peut-être était-ce un cas isolé…
Voilà en quelques lignes mon vécu sur les aurores, je suis bien évidemment preneur de tous commentaires et partage d’expérience sur ce sujet !
Les photos d’aurores australes réalisées en Terre Adélie, se trouvent ici.