L’albatros d’Amsterdam

Le 16 novembre dernier fut marqué par une nouvelle belle rencontre ornithologique, avec l’albatros d’Amsterdam. Cette espèce a été observée pour la première fois à terre en 1955, par le zoologiste français Patrice Paulian. En 1983, Jean-Paul Roux décrit l’oiseau comme ayant des différences biologiques et écologiques notoires par rapport à son proche cousin l’albatros hurleur. Ce n’est qu’en 1998, à la suite d’analyses génétiques, que l’albatros d’Amsterdam est finalement considéré comme une espèce à part entière, Diomedea amsterdamensis.
Les données biométriques pour cette espèces sont les suivantes (le mâle est légèrement plus grand que la femelle) : poids moyen : 6,3 kg, envergure moyenne : 310 cm, longueur moyenne : 105 cm.

L’albatros d’Amsterdam ne se reproduit que sur l’île Amsterdam, composante des Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF), située au sud de l’océan Indien, à une latitude moyenne de 37° sud. L’unique colonie au monde est localisée au sud-ouest de l’île, dans une zone relativement plate composée de tourbières et comprise entre 500 et 700 m d’altitude. Le site est d’ailleurs appelé Plateau des Tourbières.

Les premières recherches sur cette espèce ont été menées dès 1983. Nous savons aujourd’hui, que les partenaires reviennent sur le site de reproduction en janvier. La femelle pond un unique œuf, en général à la fin du mois de février. Les 2 partenaires vont le couver pendant 80 jours se relayant tous les 8 à 9 jours environ. L’éclosion du poussin intervient au mois de mai. A l’âge de 30 jours, le poussin a atteint son émancipation thermique et peut désormais rester seul au nid, régulièrement nourrit par ses parents.

Après 235 à 275 jours au nid, le poussin quitte la colonie et n’y reviendra que 4 à 5 ans plus tard pour tenter une première reproduction. Celle-ci n’intervient cependant pas avant 9 ans en moyenne. A l’issu d’une saison de reproduction réussie, le couple prend une année « sabbatique » en mer.
La population d’albatros d’Amsterdam est passée de 5 couples reproducteurs en 1983, à 40 en 2012. Le nombre d’individus est lui estimé à entre 160 et 170 oiseaux (dont 80 à 90 capables de se reproduire), ce qui en fait l’albatros le plus rare au monde. Malgré une population en augmentation de 5% par an environ, l’espèce est toujours inscrite dans la liste des oiseaux sérieusement menacés de disparition. Des modèles scientifiques indiquent qu’une mortalité de 6 adultes par an, pourrait compromettre la survie de cette espèce. Il est ainsi aisé de comprendre pourquoi l’albatros d’Amsterdam bénéficie de toutes les attentions sur l’île, mais aussi dans son écosystème qu’est l’océan Indien.

L’oiseau illustrant cet article (et photographié ce 16 novembre) est un mâle de 10 ans, né en 2002. Il est revenu pour la première fois sur son site de naissance en 2007, soit 5 années plus tard. En 2011 (à l’âge de 9 ans) il a tenté sa première reproduction avec une femelle d’un an de moins, mais celle-ci a été un échec. Cette année en 2012, le même couple a retenté une reproduction. Elle a cette fois de grandes chances de réussir, car il y a quelques jours le poussin était toujours sur le nid, à quelques semaines de son envol. Une belle histoire, au beau milieu de nulle part !

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