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La sterne arctique, la plus grande voyageuse au monde

De nouvelles informations sur la migration des oiseaux ont été révélées par une équipe internationale de scientifiques, qui ont confirmé que la Sterne arctique parcourt plus de 70 000 km (les trajets migratoires révélés par l’étude sont compris entre 59 500 à 81 600 km) lors de son voyage de migration annuelle d’un pôle à l’autre.

Des scientifiques du British Antarctic Survey (BAS), du Groenland, du Danemark, des Etats-Unis et d’Islande, ont cartographié les mouvements migratoires de cet oiseau en utilisant des appareils miniaturisés de géolocalisation. Pesant à peine 1,4 g cet appareil hautement spécialisé a été développé spécifiquement pour le suivi des migrations animales. Déjà utilisé sur d’autres animaux tels que les albatros, les manchots et les phoques, ils enregistrent régulièrement l’intensité lumineuse, qui est par la suite utilisée pour générer deux positions géographiques par jour.

Cette étude confirme que la Sterne arctique effectue la plus longue migration annuelle dans le monde ; du Groenland jusqu’à la mer de Weddell en Antarctique, avant de retourner de nouveau dans ses quartiers de reproduction nordiques. Les oiseaux étudiés n’ont pas voyagé immédiatement vers le sud, mais ont passé près d’un mois en mer au milieu de l’océan Atlantique Nord à environ 1 000 km au nord des Acores. Après cette halte migratoire, les oiseaux ont poursuivi leur long voyage vers le sud via la côte du nord-ouest de l’Afrique. Mais c’est aux abords des îles du Cap Vert, que le comportement des oiseaux a surpris l’équipe de recherche. En effet, alors que la moitié environ des oiseaux continuait de descendre au niveau des côtes de l’Afrique, l’autre moitié traversait l’océan Atlantique pour suivre une route parallèle à la côte de l’Amérique du Sud.
Tous les oiseaux étudiés ont passé l’hiver dans les eaux antarctiques. Fait intéressant de leur long voyage de retour, les oiseaux n’ont pas choisi le plus court chemin vers leurs aires de reproduction au Groenland. Au lieu de cela, les Sternes arctiques ont emprunté une route différente de celle de l’aller, en forme de S à travers l’océan Atlantique ; un détour de plusieurs milliers de kilomètres mais effectué deux fois plus rapidement en tirant pleinement parti des systèmes de vents dominants mondiaux afin de réduire les coûts énergétiques.
L’analyse montre que le comportement des oiseaux est étroitement corrélé avec les paramètres biologiques et physiques rencontrés le long de la voie de migration. Ils s’arrêtèrent dans leur migration vers le sud, afin de passer du temps dans des eaux très productives au beau milieu de l’océan Atlantique.