L’ours polaire et sa banquise

Il n’aura fallu attendre que deux jours pour rencontrer mon premier ours polaire de la saison. Il faut dire que les conditions étaient idéales : navigation très au Nord près de Phippsøya (81°) dans l’archipel du Svalbard, bien loin de toutes zones habitées et beaucoup de plaques de banquise à la dérive. Et c’est alors que je venais de dire à Simon l’autre ornithologue « je pense que le premier ours sera pour aujourd’hui« , qu’il me répond tout en regardant dans ses jumelles « je crois que j’en ai un« . Cet individu de taille relativement conséquente, était en train de se déplacer sur son terrain de chasse favori : la banquise. Cet article est l’occasion pour moi de rappeler que ce grand prédateur de l’Arctique, utilise en effet se « support » pour se déplacer et errer dans les hautes latitudes du Nord. Mais c’est surtout sur la banquise qu’il surprend sa proie favorite : le phoque et notamment le phoque annelé qui semble représenter 94% des prises. Cependant la banquise arctique va mal : non seulement elle se réduit chaque année de plus en plus en été, mais son épaisseur est passée de 3 m en moyenne à 1,5 m au cours de ces trente dernières années. Comment l’ours, s’il ne fallait parler que de lui, va réagir ? On ne sait pas, mais déjà des signes d’une dégradation de sa situation sont visibles. En effet, la réduction de la banquise signifie moins de temps pour faire des réserves avant l’hiver, diminution des territoires de chasses, raréfaction des proies, hausse du cannibalisme.

En 2004, un cas de noyade d’une dizaine d’individus a été enregistré, ce qui est un comble pour un mammifère si bien adapté à ce milieu. La réduction de la banquise joue aussi un rôle dans la reproduction de l’espèce, si les femelles ne trouvent pas suffisamment de nourriture pendant la saison de reproduction, elle ne pourront pas avoir de petits. Les scientifiques estiment qu’une femelle de moins de 190 kg n’est pas apte à se reproduire, or ce chiffre est passé de 280 kg dans les années 1980 à 225 kg de nos jours. Pour les plus pessimistes, l’ours polaire pourrait disparaitre dans les 50 prochaines années, pour d’autres, il saura faire face à ce changement. Rencontrer l’ours reste un moment magique que je souhaite à nos enfants…

Un moment magique très bien résumé par Michel Onfray : « L’ours conduit les âmes de ceux dont il croise le regard, à l’épicentre des mystères polaires. Toute mémoire élue s’en souvient probablement jusqu’à la tombe.« 

2 réponses
  1. blanchon dit :

    en tant que bébé phoque (blanchon), je ne devrais pas m’extasier devant ce gros nounours, mon prédateur adoré… mais vois-tu, en ce 18 juin je sens qu’il nous adresse comme un vibrant appel sur sa plaque dérivante !
    Si on règle bien les jumelles, on arrive à lire :  » eh vous là-bas les prétendus-tentieux rois de la planète, z’avez pas fini vos conneries*…J’suis p’être gros nounours, mais je les sens jusqu’ici vos exploits minables de prédateurs à deux pattes dans le golfe du Mexique. Vous vous autorisez à gratouiller au fond de la mer et z’êtes pas foutus de réparer vos merdes*… » (* = dans le texte)
    Merci Samuel : pour son regard qui me fixe, insupportable ; celui-là même qui est capable de faire s’endormir les enfants en peluches caressant leur nounours.

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