Les icebergs

Un iceberg est un bloc de glace de taille variable, qui s’est détaché du front d’un glacier ou d’un ice-shelf. Il s’agit donc de glace d’eau douce, à la différence de la banquise qui correspond à la surface de la mer qui gèle en hiver.
Un vocabulaire bien spécifique caractérise les icebergs, le plus connu étant sans doute le terme de tabulaire faisant référence à ces icebergs de forme plate. Véritables géants des mers avec une longueur supérieure à cinq fois leur hauteur, on les rencontre uniquement en Antarctique.

C’est surtout la taille de l’iceberg qui va définir son nom ; ainsi un iceberg de moins de 100 tonnes et qui a une partie visible au dessus de l’eau inférieur à un mètre est appelé un bourguignon ou growler an anglais. La taille au-dessus (un à cinq mètres au dessus de l’eau pour une masse comprise entre 120 et 5 500 tonnes) est le bergy bit ou fragment d’iceberg. Enfin, ceux dont la hauteur immergée est supérieur à 75 mètres, la longueur supérieure à 200 mètres et la masse d’au moins 30 mégatonnes (ou 30 millions de tonnes c’est plus impressionnant), sont qualifiés de très gros icebergs.

Un géant nommé B-15

B-15, avec ses 300 kilomètres de long sur 37 de large et 30 mètres au dessus de l’eau pour 400 mètres en dessous, est le plus gros iceberg connu à ce jour. Il s’est détaché de la plateforme de Ross en mars 2000 et dérive toujours en plusieurs fragments maintenant, autour de l’Antarctique. Fin 2004, la plus grande partie restante, l’iceberg B-15A, mesurait encore 3 000 km² ! En 2014, des fragments de B-15, existaient encore en mer de Weddell…

Mais d’où viennent ces noms composés de lettres et de chiffres ? C’est simple ; les icebergs de plus 18 kilomètres de long sont désignés par une dénomination composée d’une lettre indiquant la zone d’origine de l’iceberg et d’un chiffre incrémenté pour chaque nouvel iceberg. Ainsi pour B15, « B » signifie la zone « B » soit entre 90° et 180° de longitude ouest et le chiffre 15 correspond au quinzième iceberg suivi dans cette zone. Lorsqu’un iceberg se fragmente, une lettre est rajoutée au nom d’origine ; ainsi en 2010, B-15 était fragmenté en 9 icebergs baptisés B-15B, B-15F, B-15G, B-15J, B-15K, B-15N, B-15R, B-15T, et B-15V.

 

Iceberg B15

L’iceberg B-15 vu par satellite

Dérive de l'iceberg B15

Dérive de l’iceberg B15

C’est le National Ice Center qui suit ces icebergs. Sur le site très bien fait de cet organisme de référence, vous pouvez suivre en temps réel l’évolution de ces géants de glace, grâce à une carte animée qui au passage de la souris vous donne le nom, la taille et même une photo satellite de l’iceberg (voir ici).

Tous les icebergs se fragmentent, se cassent, mais cela est surtout dù à l’érosion mécanique (vent, vagues, courants et parfois collision avec un autre iceberg), bien plus qu’à la fonte. A partir du moment où un iceberg se fragmente, il devient très instable et va souvent basculer jusqu’à atteindre un équilibre sur son nouveau centre de gravité. C’est ce qui arrive à l’iceberg sur la vidéo ci-dessous.

3 réponses
  1. blanchon dit :

    « la difficulté quand on fait bloc, c’est de rester de glace ! »
    l’auteur de cette maxime est un illustre inconnu… et il vaut mieux pour lui !

  2. Samuel dit :

    Bourguignon vient de l’appellation donné par des marins qui en voyant ces petits fragments d’iceberg, pensaient à des tonneaux de vin de Bourgogne…

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