En 1872, alors que les baleines se faisaient rares dans l’Arctique, Eduard Dallmann fut choisi pour explorer les mers australes à bord du navire à vapeur Grönland. Si l’opération eut un faible succès d’un point de vue de la chasse à la baleine, elle permit cependant des découvertes importantes en Péninsule Antarctique, notamment le détroit de Bismarck mais aussi la cartographie des îles Anvers, Brabant, Liège.
C’est au cours de cette expédition allemande menée de 1873-1874, que l’Ile Petermann, située à 65° 06′ sud et 64° 06′ ouest, au sud du Chenal Lemaire et de l’Ile Booth, a été découverte et nommée ainsi en l’honneur du géographe August Petermann.
Un peu plus tard dans l’histoire, cette île sera de nouveau fréquentée, notamment par l’expédition antarctique française menée par Jean-Baptiste Charcot de 1908 à 1910. Charcot et son équipage hivernèrent ainsi avec leur navire le Pourquoi-pas ? dans une toute petite baie de quelques mètres carrés appelée Port Circoncision, en raison du fait que les hommes l’abordèrent le 1er janvier 1909, jour de la circoncision de Jésus dans le calendrier liturgique catholique.
Cette après-midi fut de nouveau pour moi l’occasion de débarquer à Petermann, haut lieu de l’histoire polaire française…
Archives du mois de janvier 2010
S’il est un endroit, un passage qui est redouté des visiteurs, scientifiques et autres personnes fréquentant l’Antarctique, c’est bien le Passage de Drake. Celui-ci se trouve exactement entre l’extrémité sud de l’Amérique du Sud et la Péninsule Antarctique, s’étendant ainsi sur 800 kilomètres du Cap Horn à l’Ile Livingston.
La première traversée répertoriée du Passage de Drake, est celle du néerlandais Willem Schouten à bord de l’Eendracht en 1616, soit 38 ans après sa découverte par le navigateur anglais Francis Drake, envoyé par la reine Elisabeth 1er d’Angleterre afin de faire un voyage autour du monde.
Ce passage, est le moyen le plus court pour rejoindre l’Antarctique avec seulement 2 jours de mer de navigation, mais la plupart du temps, 2 jours difficiles. Il faut dire que se rencontrent ici trois océans, qu’au beau milieu se trouve le front polaire, lui-même bordant le puissant courant circumpolaire antarctique là où toutes les eaux des océans du globe transitent. D’après de nombreuses simulations numériques, le flux d’eau au Passage de Drake conditionne la circulation profonde des océans et le Gulf Stream, qui contribue à adoucir le climat de nos contrées. Ce courant circumpolaire antarctique a un débit de 180 millions de mètres cube d’eau par seconde, soit 180 fois le débit de tous les fleuves réunis dans le monde. Tous ces éléments réunis, font du passage de Drake un endroit qui peut s’avérer violent, avec parfois des tempêtes terribles, de quoi illustrer parfaitement la plupart des citations de marins, dont celle trouvée récemment « c’est une zone qui connait parmi les pires conditions météorologiques maritimes de la planète ».
Je viens de terminer la sixième traversée du Passage de Drake de la saison avec des creux de 10 mètres, et dire que je dois encore le franchir le même nombre de fois…
De nouvelles informations sur la migration des oiseaux ont été révélées par une équipe internationale de scientifiques, qui ont confirmé que la Sterne arctique parcourt plus de 70 000 km (les trajets migratoires révélés par l’étude sont compris entre 59 500 à 81 600 km) lors de son voyage de migration annuelle d’un pôle à l’autre.
Des scientifiques du British Antarctic Survey (BAS), du Groenland, du Danemark, des Etats-Unis et d’Islande, ont cartographié les mouvements migratoires de cet oiseau en utilisant des appareils miniaturisés de géolocalisation. Pesant à peine 1,4 g cet appareil hautement spécialisé a été développé spécifiquement pour le suivi des migrations animales. Déjà utilisé sur d’autres animaux tels que les albatros, les manchots et les phoques, ils enregistrent régulièrement l’intensité lumineuse, qui est par la suite utilisée pour générer deux positions géographiques par jour.
Cette étude confirme que la Sterne arctique effectue la plus longue migration annuelle dans le monde ; du Groenland jusqu’à la mer de Weddell en Antarctique, avant de retourner de nouveau dans ses quartiers de reproduction nordiques. Les oiseaux étudiés n’ont pas voyagé immédiatement vers le sud, mais ont passé près d’un mois en mer au milieu de l’océan Atlantique Nord à environ 1 000 km au nord des Acores. Après cette halte migratoire, les oiseaux ont poursuivi leur long voyage vers le sud via la côte du nord-ouest de l’Afrique. Mais c’est aux abords des îles du Cap Vert, que le comportement des oiseaux a surpris l’équipe de recherche. En effet, alors que la moitié environ des oiseaux continuait de descendre au niveau des côtes de l’Afrique, l’autre moitié traversait l’océan Atlantique pour suivre une route parallèle à la côte de l’Amérique du Sud.
Tous les oiseaux étudiés ont passé l’hiver dans les eaux antarctiques. Fait intéressant de leur long voyage de retour, les oiseaux n’ont pas choisi le plus court chemin vers leurs aires de reproduction au Groenland. Au lieu de cela, les Sternes arctiques ont emprunté une route différente de celle de l’aller, en forme de S à travers l’océan Atlantique ; un détour de plusieurs milliers de kilomètres mais effectué deux fois plus rapidement en tirant pleinement parti des systèmes de vents dominants mondiaux afin de réduire les coûts énergétiques.
L’analyse montre que le comportement des oiseaux est étroitement corrélé avec les paramètres biologiques et physiques rencontrés le long de la voie de migration. Ils s’arrêtèrent dans leur migration vers le sud, afin de passer du temps dans des eaux très productives au beau milieu de l’océan Atlantique.
Texte traduit en français d’après la version officielle du British Antarctic Survey.
En 1947, les britanniques construisent sur l’Ile Winter, appartenant à l’archipel des Iles Argentine, la base F. En 1954 cette dernière ferme, c’est également l’année où de nouveaux travaux permettent la construction de ce qui allait devenir la base Faraday. En 1996, l’Ukraine reprend la charge de cette base afin de poursuivre des travaux scientifiques : météorologie, étude de l’atmosphère terrestre, champ magnétique, ozone, sismologie, glaciologie, biologie, écologie… Elle fut ainsi renommée Akademik Vernadsky en l’honneur de Vladimir Vernadsky (1863-1945), minéralogiste et chimiste russe. De nos jours, cette base est également utilisée en hiver par environ 12 à 15 personnes, dont la moitié est composée de scientifiques et l’autre des techniciens. Elle est composée de plusieurs bâtiments, dont le principal avec au rez-de-chaussée les logements, un vestiaire, la centrale électrique et le système de production d’eau. A l’étage se trouve un superbe salon/bar en bois, une bibliothèque, la salle à manger et la cuisine. Cette station est d’une manière générale mieux connue pour deux raisons : sa production locale de vodka à base de sucre et de caramel (ce qui donne un excellent résultat), mais également son impressionnante collection de soutiens-gorge ! Il est en effet de tradition pour ces dames de passage (touristes ou scientifiques) d’y laisser ce genre d’objet… L’accueil fut très chaleureux en tout cas ce matin, tant et si bien que j’ai déjà hâte d’y revenir la semaine prochaine, d’autant plus que je n’ai pas encore tout vu… de la collection de soutiens-gorge !
C’est sur l’Ile de Goudier, située à 64°49′S et 63°30′O, que se trouve le site de Port Lockroy découvert par l’explorateur polaire français Jean-Baptiste Charcot lors de son expédition de 1903-1905. Cet endroit a été nommé ainsi en l’honneur d’Edouard Lockroy un politicien français qui aida Charcot lors de son expédition.
Port Lockroy a dans un premier temps servi de base de repli et de réparation des navires pour les phoquiers et baleiniers qui chassaient notamment dans la Baie Wilhelmina. En février 1944, la « base A » a été construite par les britanniques afin de lancer l’opération secrète Tabarin, dans le but de collecter des informations sur l’ennemi et de collecter des données météorologiques. Dès 1948, Port Lockroy joue un rôle important dans la recherche sur la ionosphère, puis sera un site essentiel d’observation durant l’année géophysique internationale de 1957-1958. C’est en janvier 1962, pour des raisons d’économie ainsi que l’ouverture d’autres bases scientifiques, que Port Lockroy ferme. Depuis 1996 et suite à la restauration par le British Antarctic Survey, la base est ouverte au public pendant le court été austral et permet également de mener quelques travaux de recherche, notamment sur les Manchots papou. Enfin en 2006, la gestion du site a été confiée à l’Antarctic Heritage Trust. De nos jours, Port Lockroy est un des sites les plus visités de la Péninsule Antarctique.









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