Et oui c’est vrai, j’ai rêvé de ça ! Il y a quelques jours, je confiais à des amis autour d’un bon repas dont ils ont le secret, mon souhait, mon rêve de pouvoir un jour emmener les gens qui me sont chers avec moi en Antarctique. Peut-être est-ce parti de là ? Car il y a de ça quelques nuits, je me suis réveillé en sursaut. J’étais en approche de l’Antarctique avec deux cents personnes que je connaissais : famille, amis, proches, enfants de l’école du Cheylas, connaissances handicapées ou malades, étudiants du lycée Edouard Herriot, amis des amis, grands-parents… Il faut dire que le départ approche et que ça monte en pression dans ma tête ! Le 4 décembre, je serai de nouveau en route pour la Péninsule Antarctique avec auparavant, les habituels passages par les Malouines et la fantastique Géorgie du Sud… Même si j’ai encore du mal à croire que je vais repartir, je sais qu’il y a un instant qui confirme que j’y suis vraiment ; c’est lorsqu’au loin, alors qu’on pense arriver au bout du monde après plusieurs jours de mer, se dessinent délicatement les montagnes de la Péninsule, comme sur la photo ci-dessus prise l’an dernier. Et justement, à chaque fois que je les vois ces montagnes, je me demande si je ne suis pas en train de rêver…
Je vous souhaite une excellente fin d’année 2009, à bientôt courant février 2010 (ou peut-être plus si je rêve encore) ! En attendant, rendez-vous est pris ici même pour les nouvelles (sachant que je ne pourrai sans doute pas en donner avant mi-décembre), et pour partager ce continent blanc dédié à la paix et à la science.
Au fait, ce rêve d’il y a cinq nuits, était-il prémonitoire ? Et que penser de Nansen, qui dans un de ces livres dont j’ai achevé la lecture récemment, conclut : « Mais que serait la vie sans les rêves ? »
Archives du mois de novembre 2009
1er décembre 2009 : quelle date ! Il y a 50 ans, à l’issu de l’Année Géophysique Internationale (1957-1958), les douze pays qui avait pris part à cet effort de recherche déclarent en préambule d’un traité historique « qu’il est de l’intérêt de l’humanité toute entière que l’Antarctique soit à jamais réservée aux seules activités pacifiques et ne devienne ni le théâtre ni l’enjeu de différends internationaux ». Signé le 1er décembre 1959 à Washington et entré en vigueur en 1961, le Traité sur l’Antarctique est aujourd’hui reconnu et signé par 47 pays. C’est ainsi que pour la première fois, l’Homme déclare un territoire de sa planète « dédié à la paix et à la science ».
Pour célébrer le 50ème anniversaire de la signature de ce traité, un sommet aura lieu du 30 novembre au 3 décembre 2009 à Washington avec pour thème « Les interactions science/politique dans la gouvernance internationale ». Celui-ci se déroulera sous forme d’un forum international interdisciplinaire, ouvert aux scientifiques, législateurs, administrateurs, juristes, historiens, éducateurs, cadres, étudiants…
Ce sommet aura essentiellement deux buts : évaluer les enseignements tirés du système du Traité sur l’Antarctique au cours des cinq dernières décennies et mettre en place la sensibilisation du grand public à travers le monde, sur les objectifs, les stratégies et les réalisations qui ont émergé du Traité sur l’Antarctique « dans l’intérêt de toute l’humanité. »
Alors que dire de ce traité ? Que dire d’un traité signé en pleine guerre froide entre deux puissances qui sont proches du déchirement alors qu’en Antarctique, au même moment, elles coopèrent de façon intense et sincère ? Que dire de cette faune et de cette flore intégralement protégées ? Que dire de cette entente internationale depuis cinq décennies alors qu’ailleurs on ne se parle même plus ? Que dire de cette volonté de protéger une partie du monde pour le bien de l’humanité ? C’est ça aussi l’Antarctique, une leçon à prendre pour aujourd’hui, pour demain, pour toujours…
Pour plus d’informations sur ce « sommet anniversaire » voici le site (en anglais) spécialement dédié, ou celui du Secrétariat du Traité sur l’Antarctique ici.
Le texte complet du Traité sur l’Antarctique est téléchargeable ici.
S’il y a bien un outil que je bénis parfois, c’est internet ! Il y a en effet un mois de cela, je suis (enfin) tombé sur un livre que je cherchais depuis longtemps : le récit de Fridtjof Nansen et de son expédition au Pôle Nord. A l’origine de la première expédition polaire norvégienne, Nansen a réussi l’exploit scientifique et humain de s’approcher du pôle plus que quiconque avant lui. Parti avec son navire le Fram, il s’est d’abord laissé entraîner par la dérive, avant de s’approcher du point mythique avec son compagnon Hjalmar Johansen sur la banquise jusqu’à atteindre 86°15′.
Trois ans après leur départ, les deux hommes seront recueillis par une expédition britannique. Le Fram, pendant ce temps, a poursuivi sa longue dérive dans les glaces avant de s’en libérer. Le 9 septembre 1896, Nansen, Johansen et le Fram font une entrée triomphale dans le port de Christiana (plus tard rebaptisée Oslo) comme en témoigne l’explorateur lui-même : « La capitale de la Norvège nous fait une réception dont un prince eût été fier. Le canon tonne, les acclamations retentissent, les pavillons battent partout au vent… »
Bien plus tard, le 1er septembre 1921, il devient le premier «haut-commissaire pour les réfugiés» de la Société des Nations. Le 5 juillet 1922, un accord international conclu à Genève créé le «passeport Nansen», qui permet à des personnes déplacées de retrouver une identité. Ce document sera reconnu par 54 pays et servira notamment à des centaines de milliers de Russes, Juifs, Grecs, Turcs et Arméniens pour s’établir dans le pays de leur choix. Pour cette action, il reçoit le Prix Nobel de la paix le 10 décembre 1922. De 1921 à 1923, il fut également le responsable de l’aide alimentaire de la Croix-Rouge dans les régions de la Volga et du sud de l’Ukraine.
Nansen décèdera d’une embolie cérébrale, le 13 mai 1930 à Lysaker, dans les environs d’Oslo. En son hommage, on va jusqu’à baptiser des cratères sur la Lune et sur Mars de son nom.
Alors que dire sur cet homme ? Difficile de tout résumer ici. Que dire aussi de cet ouvrage (qui se trouve être traduit en français) acheté sur internet à un particulier ? Je commence donc ma collection de vieux livres avec celui-ci, aux bordures de pages dorées, aux quelques tâches de gras et surtout, surtout, l’odeur du vieux livre qui s’échappe à chaque page qui se tourne. L’odeur du vieux livre qui a vécu, l’odeur du vieux livre qui retrace un vécu…
« La glace et le long clair de lune des nuits polaires semblent le rêve lointain d’un autre monde, un rêve qui s’est évanoui. Mais que serait la vie sans les rêves ? »
Fridtjof Nansen

L’été vient de se terminer en Arctique et au moment où on ne parle que de la fonte des glaces, je pense qu’un petit bilan s’impose avec cette nouvelle saison écoulée en terme d’état de la banquise. La synthèse qui suit a été compilée à partir d’informations de différents instituts chargés de l’étude de la neige et de la glace, notamment le Centre National des Données sur la Glace et la Neige (National Snow and Ice Data Center) basé dans le Colorabo aux Etats-Unis.
Selon la synthèse de ces données, la surface moyenne de la glace de mer au mois de septembre (qui correspond à la période de l’été où la banquise arctique est la moins étendue chaque saison) a été de 5,36 millions de km². Cela correspond à 1,06 millions de km² de plus que la plus mauvaise année connue qu’est 2007 ou encore 690 000 km² de plus que la seconde plus faible année (2008). Toutefois, l’étendue de la glace de mer en 2009 reste d’1,68 millions de km² inférieur à la moyenne de septembre enregistrée de 1979 (année des premiers enregistrements par satellite) à 2000 (voir graphique ci-dessous).
Pour ce qui est de l’épaisseur de la banquise, les scientifiques utilisent des satellites pour évaluer l’âge (qui est un indicateur de l’épaisseur). Cette année, la glace la plus jeune donc la plus mince et la plus vulnérable face à la fonte, représentait 49% de la couverture totale de la banquise. La glace de deux ans, un peu plus de 32% contre 21% en 2007 et 9% en 2008. En 2009, seulement 19% de la banquise était composée de glace de plus de deux ans ce qui est le taux le plus bas depuis les enregistrements satellite (voir carte ci-dessous).
La tendance est donc à la poursuite de la diminution de l’étendue de banquise en été en Arctique dans des taux bien moins importants que 2007 et 2008, mais toujours dans la moyenne générale. Plus alarmant, ce nouvel été écoulé confirme qu’il y a de moins en moins de « vieille glace ». Celle-ci est remplacée par une nouvelle glace fragile, qui est plus facilement perturbée par le vent et la température de l’eau, désormais plus élevée.









Derniers commentaires :
anna dans Première approche
blanchon dans Direction l’Orénoque
genou dans Neko pour finir en apothéose