Archives du mois de août 2009

Fin de saison

Glaces dérivantes près de l'Île Kvitoya au Svalbard © Samuel BlancLongyearbyen, pas de vent, 12°C, ciel bleu, soleil… Et bien voilà, cette saison dans l’archipel du Svalbard se termine aujourd’hui, après plus d’un mois passé à sillonner les fjords, naviguer dans la glace, observer les ours et tout simplement savourer ce superbe endroit du haut arctique. Pour ce dernier voyage, nous avons réussi malgré une importante quantité de glace, à atteindre l’île la plus à l’Est du Spitsberg entièrement recouverte de glace : Kvitøya (île blanche en norvégien). Encore une belle saison qui s’achève, une fois de plus d’extraordinaires rencontres, d’hallucinantes lumières, l’irrésistible envie d’y retourner, et toujours la puissance divine des deux maîtres des lieux : l’Ours polaire et la glace. Mais pour combien de temps encore ?

Ours polaire

Ours polaires, Svalbard © Samuel BlancIl est 3h20 du matin ce dimanche 16 août. Alors que je dors profondément, un homme fait irruption dans ma cabine en criant « Whale and bears ! » (baleine et ours), puis repars aussitôt. J’ai vaguement reconnu la voix de Simon l’ornithologue anglais de l’équipe. Je m’habille à la hâte, et monte à la passerelle du bateau. Presque toute l’équipe d’expédition est là, l’excitation est à son comble, d’autant plus en effet que dans mes jumelles, je remarques au loin sur la côte, une baleine échouée avec ce qui semblent êtres des ours en train de manger. Nous décidons de mettre quatre zodiacs à l’eau pour tenter de nous approcher de la baleine sans effrayer les ours. A 4h00 nous partons en direction de la côte en approchant le plus lentement possible avec nos embarcations. Nous finissons par stopper les moteurs à moins de cent mètres de la baleine morte qui est échouée sur son flan gauche. Et là, le spectacle est saisissant ; deux ours dont une mère et son petit jouent dans l’eau, deux autres marchent sur la plage, enfin deux adultes se tiennent debout sur la baleine et sont en train de manger. On observe tout cela bouche bée à quelques mètres, et pour finir, le jeune qui était à terre rejoint le groupe à la nage, pour venir lui aussi manger la baleine. Quel spectacle entre deux lambeaux de viandes déchirés et les grognements sourds échangés par ces pachydermes ! Nous repartons aussi discrètement que nous étions venus, en nous disant que la semaine prochaine nous serons de nouveau à cet endroit et que cette fois, il y aura peut-être encore plus d’ours attirés par l’odeur de la carcasse. A suivre…

Mouette de Sabine

Mouette de Sabine, Svalbard © Samuel BlancLa Mouette de Sabine est l’une des espèces d’oiseaux les plus rares au Svalbard. Cette espère a notamment niché au début du 20ème siècle dans le Kongsfjord, mais la dernière reproduction confirmée date de 1923 dans cette région. Une nidification a été constatée sur l’Ile Moffen et des nids isolés ont été recensés à Lågøya et Kvitøya, mais le nombre de couple au Svalbard semble être inférieur à dix. La Mouette de Sabine, passe l’hiver dans les eaux océaniques de l’hémisphère sud, près de la cote sud-ouest de l’Amérique du Sud et la cote ouest de l’Afrique du Sud. Elle ne se reproduit que dans les régions arctiques et sub-arctiques : Amérique du Nord, Russie et Groenland.

Papaver dahlianum

Pavot du Svalbard © Samuel BlancLe Spitzberg est un vaste sanctuaire pour les animaux sauvages, notamment pour l’Ours polaire, le morse et de nombreux oiseaux. Mais lorsque l’on regarde de plus près, ou plutôt au niveau du sol, on remarque rapidement que de nombreuses plantes jonchent la toundra. Près de 164 espèces différentes ont été inventoriées à ce jour sans compter les algues, mousses et autres lichens. Il s’agit bien évidemment toujours de plantes très courtes, de quelques centimètre de hauteur seulement, mais souvent avec des couleurs ou des formes extraordinaires. Certaines sont d’ailleurs très prisées des Rennes du Svalbard…

Chasseurs pomores et trappeurs

Cabane de trappeurs, Svalbard © Samuel BlancAu 17ème siècle, la navigateur anglais Henry Hudson qui cherche le passage du Nord Est, relate dans ses récits l’abondance des baleines autour de l’archipel du Svalbard. Il n’en fallait pas plus pour que rapidement hollandais, français, danois, norvégiens et anglais se ruent alors dans cette région pour chasser ces mammifères marins. Il s’agira en fait d’un véritable massacre plus que d’une chasse raisonnée, à tel point que celle-ci s’arrêtera d’elle même en raison de l’épuisement du nombre de baleines dans cette région. Les hollandais en tuèrent à eux seuls près de 50 000 et le nombre de Baleine du Groenland passera de 22 000 à moins de 300 !
Au 18ème siècle, la chasse à la baleine n’étant plus rentable, une nouvelle « activité » s’établit au Svalbard : celle des trappeurs. Les premiers à s’installer seront les chasseurs pomores venant de Russie. Là encore, certaines espèces comme le morse et le renne, verront leurs effectifs presque réduits à zéro.