Archives du mois de juillet 2009

Envoutante Islande

Landmannalaugar, Islande © Samuel BlancAprès quelques jours passés en Islande, je suis sous le charme. Sous le charme de cette grande île, terre des volcans et des glaces, des islandais, de la lumière, de la faune et la flore… Cette île qui me paraissait au premier abord désertique, s’est peu à peu révélée magique. Je retiendrai notamment les jeux de couleurs des mousses et des lichens contrastant avec les roches volcaniques, la neige, les fumerolles de souffre et l’eau ! Parfois au détour d’un chemin les rencontres sont aussi inattendues ; des lagopèdes par ici, un Pluvier doré ou un Courlis corlieu par là…
Je quitte ce jour l’Islande avec la profonde envie d’y retourner, de la savourer et pourquoi-pas d’y laisser quelques temps mes valises. Ce soir je remonte vers le Nord, direction à nouveau l’archipel du Svalbard pour un mois.

Namaskard ou les entrailles de la Terre

Namaskard, Islande © Samuel BlancJe retrouve en ce qui est mon premier contact avec l’Islande, des images vues à la télévision ou en photo. Mais bien évidemment rien ne vaut la réalité, et aujourd’hui, je me suis retrouvé devant un phénomène extraordinaire et sur-réaliste ; un endroit où la terre respire, gronde et laisse s’échapper son humeur. A quelques kilomètres de la ville d’Akureyri au nord de l’Islande, se trouve les marmites de boue de Namaskard. Ce phénomène est du aux eaux superficielles froides qui s’infiltrent jusqu’aux inclusions de magma, et se transforment en vapeur sous l’effet de la chaleur. La vapeur remonte, accompagnée de gaz contenant de l’hydrogène sulfuré qui donne aux sources chaudes leur odeur caractéristique. Dans les zones de sources chaudes, le mélange de l’hydrogène sulfuré avec l’air ambiant donne naissance à des dépôts de soufre. Près des évents de vapeur se forme en outre un mélange de silice et de gypse. Dans les marmites de boue, l’hydrogène sulfuré remonte au travers de l’eau de surface, donnant de l’acide sulfurique qui rend l’eau acide. Celle-ci dissout la roche et la terre pour former la boue caractéristique de ces marmites et de leur voisinage.

Grimsey et ses Macareux moines

Macareux moine à Grimsey, Islande © Samuel BlancGrimsey est une petite île d’une surface de 5,3 km² située à 40 km au nord de la côte de l’Islande, juste sur le cercle polaire arctique. L’île est habitée par une centaine d’habitants qui travaillent principalement dans le secteur de la pêche et de la transformation du poisson, l’agriculture et dans une moindre mesure, la collecte des oeufs d’oiseaux de mer. Grimsey est reliée à l’Islande trois fois par semaine par un ferry, mais également par quelques vols réguliers sur Akureyri grâce à un petit aérodrome. Les côtes de cette île du bout du monde, sont surtout bordées de falaises abruptes, refuge idéal de milliers d’oiseaux. On peut ainsi y observer la Mouette tridactyle, le Pingouin torda, le Goéland bourgmestre et le Fulmar boréal. Mais le résident principal de l’île, qui est également l’emblème de l’Islande, reste le clown de mer, mieux connu sous le nom de Macareux moine.
Je garderai un souvenir ému et enchanté de mon passage à Grimsey et notamment ces nombreuses heures passées allongé dans les pissenlits au bord des falaise à observer ce superbe oiseau du nord aux attitudes et couleurs toutes plus extraordinaires les unes que les autres. Et quand un Pluvier doré ou un Phalarope à bec étroit vient en plus à quelques mètres de vous, sous un soleil de plomb, l’émerveillement est alors à son paroxysme.

Le temps s’est arrêté à Pyramiden

Pyramiden, Svalbard © Samuel BlancCe que j’aime dans ces régions polaires, ce sont aussi les traces du passé. La ville de Pyramiden située dans l’Isfjord au Svalbard, en est le parfait exemple. Surplombée par une montagne en forme de pyramide, cette citée minière a vu l’exploitation du charbon, débuter en 1910 par les suédois. Elle a par la suite été vendue aux russes en 1927. Mais ça n’est qu’à l’issue de la seconde guerre mondiale, que Pyramiden, fut vraiment développé afin de permettre l’exploitation du charbon. Des familles s’y installèrent et furent construits une piscine, un centre culturel, un hôtel, un terrain de football, un théâtre… Neuf millions de tonnes de charbon furent extraits entre 1955 et 1998, mais l’exploitation de la mine fut arrêtée en 1998. Aujourd’hui, tout ou presque est intact, les hommes semblent avoir quittés ce haut lieu de l’exploitation minière au Svalbard en si peu de temps, qu’on peut encore apercevoir des bancs, des jeux pour enfants, les numéros des rues… Bref, une ville fantôme !

Honningsvag et le Cap Nord

Cap Nord © Samuel BlancJ’ai quitté hier au soir la ville norvégienne de Kirkenes pour arriver ce matin à Honningsvag, petite bourgade de 3000 habitants située à 71°C de latitude nord dans le territoire des Saams. Mieux connus sous le nom de Lapons, ces peuples indigènes de l’Arctique vivent essentiellement de l’élevage du renne, de la pêche et également du tourisme. Quelques dizaines de minutes plus tard, et nous voici au point le plus haut d’Europe à l’extrême nord de la Norvège : le Cap Nord. Je suis toujours frappé car ces endroits du bout du monde qui en fait se caractérisent presque tous de la même façon ; de hautes falaises se jetant dans la mer. Et au delà ? Au delà, c’est la porte vers le bout du monde ! C’est ainsi que j’ai retrouvé au Cap Nord un peu la même ambiance qu’au Cap Horn ou encore au Cap de Bonne Espérance. Les continents s’arrêtent brusquement et droit devant, ce sont les pôles. Ce matin droit devant, plein nord et à 2100 kilomètres, il s’agissait du Pôle Nord. Nous y faisons route actuellement et demain matin, déjà, la première escale au Spitzberg…