Dans mon article précédent, je tenté de donner une définition d’un ice shelf. Cette dalle de glace flottante venant d’un glacier est elle même en activité et sous l’action du vent, des marées et des courants, est amenée à se briser en morceaux de taille variable appelés iceberg. Certains de ces icebergs sont absolument gigantesques, de forme rectangulaire (puisque se détachant en lamelle de l’ice shelf) ils sont appelés « tabulaires ». Il n’est pas rare d’en rencontrer dans l’Océan Austral avec des tailles pouvant dépasser les 50 ou 100 kms de long !!
Mais depuis au moins ces cinq dernières années, les scientifiques évoquent surtout les ice shelves en raison de leur rupture de plus en plus fréquentent sous l’effet de la hausse des températures et ce aussi bien en Arctique, qu’en Antarctique (sur la côte ouest). Le dernier en date est l’ice shelf de Wilkins qui a perdu en mars 2008, 415 km² de sa superficie en quelques jours seulement. La photo satellite ci-dessus ainsi que la vidéo ci-dessous, montrent nettement les étapes de cette désintégration. En 2002, son voisin l’ice shelf de Larsen avait perdu lui, un morceau de près de 3 850 km² et de 200 m de haut…
Ice shelf ; voilà un mot qui de prime abord peut paraître un peu barbare. Il n’en reste pas moins très utilisé dans les écrits sur les glaces ou encore lorsque l’on évoque la fonte de ces dernières.
Tentons d’en donner une définition simple avec pour exemple l’Antarctique. Ce continent est recouvert d’une immense calotte glaciaire, elle même composée d’un nombre important de glaciers. Toute cette glace est en perpétuel mouvement, et les lois de la gravité veulent que ces mouvements s’effectuent en général d’un point élevé vers un point plus bas. Il arrive donc un moment, où un pan de glacier va rencontrer la mer et se mettre à flotter. Et bien à partir de ce point de contact, on parle alors d’ice shelf (ou plateforme de glace en français) et non plus de glacier. Un ice shelf n’est donc que le prolongement d’un glacier pour la partie flottant sur l’eau. Il est la plupart du temps alimenté par plusieurs glaciers.
La plus grande plateforme en Antarctique est celle de Ross avec une surface d’environ 473 000 km² et une épaisseur moyenne de 430 m. Suit la plateforme de Ronne d’une surface plus petite avec 420 000 km² mais qui est en revanche plus épaisse avec 660 m en moyenne. La carte ci-dessus montre les principaux ice shelves (au pluriel) en Antarctique. Deux d’entre eux ont particulièrement fait parler d’eux ces dernières années avec des départs à la dérive de pans entiers, notamment l’ice shelf de Larsen et de celui de Wilkins, mais j’y reviendrai dans un prochain article.
En résumé : l’ice-shelf ou plate-forme de glace flottante, peut être comparé à une énorme dalle de glace qui, soudée au glacier producteur, est déversée par lui sur l’océan. Il ne s’agit donc pas de glaces marines mais de glaces terrestres qui viennent s’écouler sur la surface de l’océan.
Prenez quatre amis et anciens hivernants sur la base française Dumont d’Urville, mettez en commun leur passion et leurs connaissances des régions polaires, et voici le Collectif pour la Connaissance des Pôles !
C’est soucieux de valoriser et de protéger ces contrées du bout du monde, que Jonathan Zaccaria, Guillaume Bouteloup, Antoine Dervaux et moi-même, avons créé ce nouvel organisme à vocation pédagogique. Toutes nos conférences, expositions, projections de films et autres interventions pédagogiques, se feront désormais dans le cadre de ce collectif. Rendez-vous sur notre site internet pour de plus amples informations.
Apsley Cherry-Garrard (1886-1959) est, à l’âge de 24 ans, le plus jeune membre de l’expédition antarctique de sir Robert Falcon Scott. Il en revient déprimé, hanté par une douloureuse question : aurait-il pu tenter quelque chose pour sauver la vie de son chef d’expédition et de ses compagnons ? Dix ans après son retour, encouragé par son ami Bernard Shaw, il écrit Le Pire voyage au monde. Son récit vient d’être nommé «meilleur livre d’aventures de tous les temps » par les lecteurs de National Geographic.
Cet ouvrage traduit de l’anglais et publié par les Editions Paulsen, est vraiment exceptionnel de part le personnage, la qualité de narration, le contexte et l’aventure vécue par ces hommes à la limite de la survie. Il reste pour moi un témoignage poignant de ces personnalités qui ont écrit l’histoire polaire et bien plus encore…
Il est possible de trouver dans les bacs depuis peu (toujours auprès du même éditeur et en français), « Au pays du blizzard » de l’explorateur australien Douglas Mawson. Jugez plutôt avec cet extrait : »le 25 décembre, ils sont à 250 km de la cabane et avancent à bonne allure, jusqu’au jour où Mertz montre des signes de faiblesse : il se plaint de terribles douleurs d’estomac, ne peut rien manger. Il doit s’allonger sur le traîneau et le 2 janvier 1913, alors qu’ils sont à 160 mk de leur but, il commence à délirer, et meurt peu après. Mawson terriblement abattu, reste complètement prostré. Le lendemain, il réagit : il « enterre » son compagnon, allège le traîneau et se met en route. Totalement épuisé, les orteils gelés qui commencent à se putréfier, il tombe dans une crevasse, et, retenu par son harnais, parvient à remonter péniblement. Après avoir découvert un cairn de provisions, il parvient au Cap Denison le 1er février où six hommes reçoivent un mort vivant. »
Mawson reste un très grand nom de l’exploration polaire comme Scott, Amundsen, Shackleton, de Gerlache, Charcot et bien d’autres. Je pense que ce tout nouveau livre est à lire de tout urgence ! Il est déjà commandé en ce qui me concerne…
C’est bel et bien une triste hypothèse, mais la question se pose de nouveau au sujet des Manchots empereurs si des perturbations climatiques venaient à toucher l’Antarctique de façon plus conséquentes. Pour en savoir plus, voici un communiqué (en français) du CNRS et la publication en anglais de Stéphanie Jenouvrier avec qui j’ai eu la chance de travailler sur le terrain durant mon second été en Terre Adélie.
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