Et bien voilà, je m’envole ce soir à 23h00 pour l’Antarctique à bord d’un gros porteur russe, appelé Iljushin. On devrait atterrir demain matin à 4h00 en Terre de la Reine Maud, près des bases russe Novolazarevskaya et indienne Maitri. Nous allons installer notre camp au pied d’une chaîne de montagne pendant une dizaine de jours, avant de recevoir les premières personnes le 10 novembre. Concernant les mauvaises nouvelles, je sais d’ores et déjà que je ne pourrai pas envoyer de photo pour alimenter ce blog, il n’y aura donc que du texte. J’en publierai certaines à mon retour !
Archives du mois de octobre 2008
Et bien me voici à Cape Town (Le Cap en français) en Afrique du Sud, tout juste arrivé en milieu de journée. Je passe sur le fait que je n’avais droit qu’à un seul bagage en soute contre deux annoncés, que j’ai eu un souci de place, et que pour finir, je suis resté deux heures à Londres dans un Boeing 747 plein à craquer et sans climatisation, pour finalement en ressortir et monter dans un autre. Du coup me voici bien arrivé après cinq heures de retard !
Ici il fait beau et 25°C ! Je suis donc logé chez le responsable de l’agence de voyage pour qui je vais travailler. Après un repas, nous avons commencé par une réunion avec les autres membres du staff. Nous avons ensuite testé les deux grosses tentes principales qui vont servir sur le camp, l’une pour faire la cuisine et l’autre qui sera la salle à manger. A suivre : test des radios et des appareils de communication, avant un grand barbecue ce soir en plein air bien évidemment… Décollage prévu pour l’Antarctique ce vendredi 31 octobre à 23 heures…
Il y a presque un mois de cela alors que je conduisais, j’ai vu dans un champ en bordure de l’autoroute, un iceberg. Quelques semaines plus tard, un manchot traversait la rue en plein Grenoble. Je n’ai pas prêté plus attention à ces visions, mais voilà que depuis quelques jours, mon esprit s’égare de plus en plus souvent. Il y a deux jours, ce sont mes valises qui ont commencé à se remplir toutes seules de vêtements polaires… Pas de doute, pour la seconde fois, je suis victime de la polaricose. Une sale maladie que j’espérais éteinte à jamais, mais il n’en n’est rien. Et la médecine que fait-elle dans tout ça ? Pas encore de vaccin il paraît ! De toute façon vu que ça rend plus malade que ça ne guérit, je m’en passe et en plus ai-je vraiment envie d’être guéri ?
Voilà donc que ce satané virus refait surface. Le principal symptôme se traduit par une sorte d’appel qui en vient à vous faire aimer l’odeur « piquante » des colonies de Manchots, les roulis des 50èmes rugissants, les coups de bec dans les mollets, le vomi des pétrels, le mal de mer, les yeux éblouis par la réverbération du soleil sur la neige, les pieds et mains transis par le froid et j’en passe… Mais après tout, n’est-ce pas là la vraie nature ? Là où les cinq sens ne font qu’un, là où vous n’avez qu’à écouter, sentir, voir, savourer, partager. Là où chaque instant est une émotion, une surprise, un émerveillement perpétuel. Bref, là ou la dernière chose dont vous avez envie, c’est une piqûre dans le bras ou encore un petit cachet rose à avaler en guise de remède. Et quand bien même ça puisse exister, il paraît que le meilleur remède c’est de ne pas résister, de se laisser aller tout simplement… Alors je vais me laisser aller. Le 27 octobre le virus aura atteint le pic de son infection, et me voici en quarantaine en Terre de la Reine Maud, sur la calotte glacière à cinq heures de vol du Cap en Afrique du Sud. J’y serai pour un mois dans un camp. Co-responsable de ce dernier, j’aurai en charge également la visite de la colonie de Manchots empereurs, située à proximité de la base scientifique allemande Neumayer. Fin novembre retour au Cap, puis changement de continent et vol direct jusqu’à Ushuaia pour partir à destination des Iles Malouines, de la Géorgie du Sud, des Orcades du Sud, des Shetlands du Sud et bien évidemment de la Péninsule Antarctique. Début mars je quitterai l’Antarctique, passerai une dernière fois par la Géorgie du Sud, traverserai l’Océan Atlantique Sud, ferai une courte escale sur l’Ile Tristan da Cunha (paraît que c’est la plus éloignée du monde) et regagnerai de nouveau le Cap. Cinq mois plus tard, le virus aura enfin été vaincu, et je serai donc de retour en France le 23 mars, soit l’année prochaine. Disons plutôt dans quelques mois, pour ne pas rajouter plus de stress à ma chère maman. Il n’y a pas à dire, les médecines douces il n’y a que ça de vrai quand même !
A très bientôt sur ce blog pour des nouvelles disons « fraiches »…
Il y a des nouvelles un dimanche matin après un petit déjeuner en terrasse, en amoureux, au soleil et au pied des falaises du Vercors, qui font du bien !
En effet, la photo ci-contre du Glacier Brasvellbreen au Svalbard a reçu le premier prix dans la catégorie paysages au Festival Festimages Nature dont la soirée de clôture a eu lieu hier soir.
Un grand merci donc à ce festival 100% associatif, ainsi qu’au jury présidé par Jean-François Hellio et Nicolas Van Hingen !
J’en profite pour en être issu et y avoir travaillé, pour rendre hommage à toutes ces associations qui souvent avec des moyens dérisoires, œuvrent avec cœur et sans relâche à la protection des espaces naturels, des espèces animales et végétales, et des ressources naturelles !
Le mardi 21 octobre à partir de 19h30, aura lieu à Saint Martin d’Uriage (38) au Centre Culturel du Belvédère, une « soirée australe ».
En partenariat avec l’association Aventures au Bout du Monde, celle-ci débutera par la projection d’un film sur les Terres australes et antarctiques françaises, et se poursuivra par un diaporama sur mon hivernage en Terre Adélie.
En ce qui me concerne, cette conférence sera la dernière que je présenterai pour l’année 2008.








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