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Antarctic Sound

Ce passage qu’est l’Antarctic Sound ou le Détroit Antarctic, marque le lien entre la Mer de Bransfield et celle de Weddell, d’un coté et de l’autre de la Péninsule Antarctique.
L’orthographe Antarctic avec un « c » à la fin et non « que » est juste puisqu’il s’agit du nom du navire utilisé par l’expédition suédoise menée par Otto Nordenskjöld en 1902 sous le commandement de Carles Antoine Larsen.
Mais ce 15 février, le détroit fut bloqué par un grand nombre d’icebergs et une glace très dense ne nous permettant pas d’accéder en Mer de Weddell. Nous sommes donc restés quelques heures à errer dans ce dédale absolument féérique de glace avec un Léopard de mer, quelques Orques épaulards et même pendant quelques fractions de secondes, un Manchot empereur. Pour ce dernier voyage de la saison, la Mer de Weddell s’est donc faite timide… Rendez-vous l’année prochaine.

En Mer de Weddell

Un nouveau voyage en Péninsule Antarctique se termine aujourd’hui… Nouveau et dernier départ ce soir avant la fin de la saison le 22 février. Au programme de cette semaine passée, il y avait notamment une belle navigation dans la Mer de Weddell. Cette mer tire son nom du marin anglais James Weddell qui la découvrit en 1823. L’écossais William S. Bruce l’explora presque entièrement entre 1902 et 1904. Une des particularité de cette mer, réside dans le fait qu’elle transporte énormément de glace et notamment de grands icebergs tabulaires provenant des plateformes de Larsen et Ronne.

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Pléneau

Située à l’extrémité du sud du Chenal Lemaire et à proximité de l’Ile Booth, l’Ile Pléneau est encore liée à l’expédition française menée par Jean-Baptiste Charcot en 1903-1905, puisqu’elle porte le nom du photographe de l’expédition : Paul Pléneau.
Les seuls habitants de cette île sont les Manchots papou avec environ 500 couples, mais il est également fréquent d’y apercevoir quelques Eléphants de mer et Otaries à fourrure. L’intérêt principal de l’Ile Pléneau réside notamment dans le fait qu’au nord, se trouve un cimetière d’icebergs. C’est en effet en raison d’eaux peu profondes, qu’un grand nombre de ces géants de glace viennent s’échouer ici pour le plus grand plaisir des yeux. Et parfois pour les plus chanceux, une baleine fait surface, un Léopard de mer joue près des embarcations et quelques Phoques crabiers se prélassent sur un morceau de glace.
Pléneau reste pour moi avec Neko Harbour, les deux plus beaux sites de la Péninsule Antarctique.

Le Phoque crabier

J.B. Hombron et H. Jacquinot publièrent en 1842 sous le nom de Phoca carcinophaga un dessin de phoque d’après la peau et le crâne d’un individu collecté entre les îles Sandwich du Sud et Orcades du sud, par les corvettes l’Astrolabe et la Zélée entre 1837 et 1840 sous le commandement de Dumont d’Urville. En 1853, H. Jacquinot et J. Pucheran publiaient une description du Phoque crabier désigné sous le nom de Lobodon carcinophaga, car en 1844 Gray avait créé le genre Lobodon. Ce nom de genre provient du grec lobos : « lobe » et odus : « dent » en référence à la morphologie lobée de certaines de ces dents. Son nom spécifique provient également du grec karkinos signifiant « crabe » et phagein voulant dire « mangeur » car on croyait que ce pinnipède ne se nourrissait que de crabes, ce qui est totalement faux. A l’époque on pensait cela en raison de carapaces de couleur rougeâtres trouvées dans des excréments sur la banquise, en fait il s’agissait de peau de krill et non de crabe. Ce nom de Phoque crabier est donc resté, mais on sait maintenant que celui-ci ne mange presque que du krill.

Le Phoque crabier est le plus abondant des pinnipèdes du monde. On estime sa population à 13 millions d’individus, ce qui représente un chiffre supérieur à l’ensemble des autres espèces de phoques. Sa répartition s’étend tout autour du continent antarctique. On le trouve en très grand nombre au cours de l’été austral à l’ouest de la péninsule (Terre de Graham) et dans la partie sud de la Mer de Ross.

Ce phoque peut mesurer jusqu’à 2m60 et peser jusqu’à 225 kg. Les femelles sont généralement plus grosses que les mâles. Le corps est relativement svelte, élancé et de forme hydrodynamique. La tête arbore un museau allongé, légèrement pointé vers le haut ou en forme de groin, les coins de la bouche sont horizontaux. La fourrure est marron-blanc crémeux uniforme. L’animal est souvent couvert de cicatrices (sur environ 63% des individus) laissées par des attaques de Léopard de mer, comme sur cette photo.

Pour cette espèce monogame, la femelle commence à s’accoupler à l’âge de 3 ans, le mâle est mature entre 3 et 6 ans. La mise-bas a lieu principalement à la mi-octobre sur la glace dérivante au sein d’un territoire de 50 m de rayon défendu par le mâle. La période de lactation est très courte (4 semaines). L’accouplement a lieu au moment du sevrage, peut-être sur la glace.

L’âge maximum enregistré chez cette espèce est de 29 ans, mais on pense que la longévité pourrait atteindre au moins 35 ans. Les seuls prédateurs du Phoque crabier sont les Léopards de mer et surtout les Orques. Il a été exploité lors de la campagne de chasse aux phoques des Norvégiens en 1964. Actuellement, le Phoque crabier ne subit aucune exploitation humaine, protégé notamment par la Convention pour la protection des phoques de l’Antarctique.

Le redouté Cap Horn

C’est à l’extrémité sud de la Terre de Feu, dans l’archipel des Iles Hermite que se situe l’Ile Horn, marquant ainsi la limite entre trois océans : l’Austral, le Pacifique et l’Atlantique.
Au début des années 1600, c’est la Compagnie néerlandaise des Indes orientales qui a le monopole de tous les transports marchands hollandais via le détroit de Magellan et le cap de Bonne-Espérance, les deux seules routes connues à l’époque pour rejoindre l’Extrême-Orient. Dans sa quête d’une voie alternative le marchand hollandais Jacob Le Maire, accompagné du navigateur Willem Schouten, prit le large en direction de la Terre de Feu dans le but d’explorer le passage suggéré par Francis Drake.
L’expédition, grandement soutenue par la ville hollandaise de Hoorn, partie en mai 1615. Le premier navire le Hoorn fut détruit en Patagonie à la suite d’un accident, mais le second, le Eendracht doubla le cap en janvier 1616.
Du 18ème siècle, jusqu’au début des années 1900, le cap Horn fut l’un des points de passage des routes commerciales qui assuraient une large part des échanges de marchandises autour du globe. Les navires chargés de coton, de céréales et d’or en provenance d’Australie passaient au large du cap Horn pour retourner en Europe et ainsi terminer leur périple autour du monde. Le Horn a fait payer un lourd tribut à beaucoup de ces navires, qui parfois ne sortaient pas indemnes de sa dangereuse traversée.
La tradition voulait qu’un marin victorieux du passage du Horn (un « Cap-hornien ») puisse porter un anneau en or sur son oreille gauche, car c’est de ce côté que l’on longe le cap lors de la traversée d’ouest en est, le sens considéré comme classique. L’autre privilège était de pouvoir dîner avec un pied sur la table, la possibilité d’y mettre le deuxième étant réservé aux marins ayant également passés le cap de Bonne-Espérance. Une autre coutume veut aussi qu’un marin ayant passé à la voile les trois caps (Horn, Leeuwin et Bonne-Espérance) gagne le privilège de « pisser et de cracher contre le vent ».
Donc à ce jour, si j’ai bien suivi toutes ces traditions, il ne me reste qu’à me faire percer l’oreille gauche. Après le Cap Horn et celui de Leeuwin, je ne peux malheureusement pas encore me permettre de « pisser et cracher face au vent » puisque je n’ai franchi le cap de Bonne-Espérance qu’en avion. Mais à choisir… euh… comment dirai-je ?? Surtout que c’est venté ici…