Voilà déjà deux mois que je sillonne l’archipel du Svalbard, mais aujourd’hui c’est la fin.
La fin d’une saison extraordinaire, aux quatre coins de ce Spitzberg magique et envoûtant ! Il est bien évident que je ne peux garder qu’un seul souvenir en tête, mais seulement la somme de plusieurs rendant ainsi l’équation juste insoluble ; le spectacle hallucinant de la falaise d’Alkefjellet et ses milliers de guillemots, la toute petite île de Rossøya point extrême de l’Europe juste avant le pôle, ma première baleine bleue à l’entrée du Horsund, la soixantaine d’ours polaires observés, la mystérieuse île de Kvitøya, la banquise dans le Détroit de Hinlopen ou encore l’enthousiasme et les sourires de toutes ces personnes qui sont venues partager avec nous, notre passion pour le Grand Nord ! Je crois que seule la superbe lumière de Palanderbukta au cours de notre dernière soirée, pouvait ainsi conclure cette saison…
Evènement ce mercredi soir alors que nous étions en train d’effectuer notre traditionnelle séance d’observation de baleines, puisqu’une énorme masse est subitement apparue à la surface : la baleine bleue !
Cette baleine est non seulement le plus gros animal vivant sur terre, mais il est possible qu’elle soit également plus importante en terme de taille, que le plus grand dinosaure connu ! Les baleines bleues du Sud sont habituellement plus grosses que celles vivant dans l’hémisphère Nord. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 30 mètres de long pour un poids pouvant atteindre 200 tonnes ! Elle est facilement reconnaissable à son corps très long, bleu (si la lumière est bonne), avec une toute petite nageoire dorsale située à l’arrière du corps et un souffle atteignant les 9 mètres de hauteur. … Lire la suite de l’article
Entrer dans la Baie de la Madeleine, quelque soit la météo, reste un moment fort ! Ce qui me frappe le plus souvent, ce sont ses montagnes acérées, sorte de forteresse, qui cernent ce petit fjord. C’est ce que remarqua aussi le hollandais Willem Barents en 1596 lorsqu’il entra dans la Baie de la Madeleine au cours de son voyage à la recherche du passage du Nord-est. Il baptisa d’ailleurs cette ile jusqu’à alors inconnue du nom de Spitzberg, traduisez « montagnes pointues ». C’est ensuite un autre navigateur Henry Hudson qui naviguera dans les eaux autour du Spitzberg (croyant toujours au passage que cette terre était reliée au Groenland), mentionnant dans son journal de bord, que les baleines sont nombreuses comme « carpes en vivier ». C’est la phrase de trop, les chasseurs de baleines se ruent autour du Spitzberg ; les basques, les hollandais et les anglais se lancent vers ce nouvel eldorado. La Baie de la Madeleine porte les traces de cette histoire des baleiniers ; pas moins de 130 tombes y sont présentes. Dans la plupart des cas il s’agissait d’hommes morts du scorbut ou d’accidents liés à la chasse elle même. … Lire la suite de l’article
J’étais pour la première fois à Hyttevika le 12 août 2009 et je me souviens qu’après avoir quitté cet endroit magique, situé à l’entrée nord du Hornsund en face du sanctuaire à oiseaux qu’est l’île Dunøyane, je n’avais qu’une seule envie ; y retourner au plus vite ! C’est chose faite aujourd’hui, alors je vais tenter de vous faire partager cette matinée exceptionnelle. Imaginez vous êtes à 77° nord, juste à l’entrée d’un immense fjord appelé Hornsund. Il fait 11°C, le vent est absolument nul, pas un seul nuage dans le ciel juste le soleil presque au zénith… Pour approcher la plage de débarquement, il y a un kilomètre à parcourir entouré de glace et tout le jeu réside dans le fait de se frayer un chemin dans ce dédale. Peu à peu la plage de sable est en vue, vous y posez le pied pour faire face à une cabane de trappeur ou vécue de 1932 à 1937 une femme Wanny Woldstand. Juste derrière cette cabane, un énorme éboulis avec de gros rochers se présente à vous, après quelques raides minutes de marche, vous êtes en haut et la vue vous coupe le souffle ; à gauche une immense prairie de toundra verte, jaune, orange avec des petites rivières au milieu. Quelques rennes y paissent tranquillement, mélangés à des bernaches nonnette et oies à bec court. … Lire la suite de l’article
L’ile de Lågøya est tout juste située sur le 80° Nord, au nord-ouest de la seconde plus grande ile de l’archipel du Svalbard ; Nordaustlandet. Lorsque l’on pose le pied sur cette ile, on comprend tout se suite qu’elle ne pouvait pas avoir d’autre nom que celui-ci, qui signifie « ile plate ». Lågøya est en forme de losange, avec de nombreux petits lacs issus de la fonte de la neige et quelques points élevés au maximum de 10 m par rapport au niveau de la mer.
Il est difficile de trouver des détails précis concernant l’histoire de cette ile, certains ouvrages font cependant référence à des trappeurs norvégiens qui s’installèrent là en 1908 et tuèrent pas moins de 30 ours au cours de leur hivernage !
Mais Lågøya est très intéressante d’un point de vue faunistique ; les morses se prélassent régulièrement sur les berges de galet ou de gravier. … Lire la suite de l’article
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