L’Arctique prend l’eau

Il n’y a pas un jour qui passe, sans que je reçoive des nouvelles alarmantes de l’Arctique.
Fin juillet, 20 km² de la calotte glaciaire Ward Hunt au nord du Canada, s’est fracturée. Début août, toujours au Canada, c’est la calotte glaciaire Markham qui s’est détachée de l’Ile Ellesmere, soit 50 km². Et ce n’est pas tout puisque deux morceaux totalisant 120 km² se sont détachés d’une troisième calotte, Serson, réduisant sa taille de 60%.
Enfin pour finir, le glacier Petermann au Groenland a perdu en juillet un morceau de 29 km². Certaines ruptures ont été si brusques que les satellites n’ont même pas réussi à les enregistrer !
Bref, passons maintenant à la glace de mer autrement dit la banquise. Les derniers chiffres de son étendue démontrent que le record de fonte de l’année dernière n’était pas un événement isolé. D’après le Groupe de Recherche Polaire de l’Université de l’Illinois, la moyenne quotidienne des pertes de glace a été pour le mois d’août 2008 de 78 000 km2, alors que les pertes généralement mesurées en cette période de l’année sont de 27 000 km2 par jour.
Ce retrait considérable de la banquise a notamment entrainé, et ce pour la première fois de mémoire d’Homme (et probablement depuis longtemps), l’ouverture simultanée des passages du Nord-Est et du Nord-Ouest. Pour le second, cette ouverture s’était déjà produite fin 2007, alors que le premier restait partiellement gelé. Mais aujourd’hui les images des satellites sont sans appel : le passage du Nord-Est est dégagé à plus de 90%, permettant aux bâtiments d’emprunter ces voies maritimes longeant les côtes sibériennes et canadiennes.
Inutile de préciser que l’ouvertures de ces voies navigables, et l’absence de banquise favoriseront notamment l’accès à un quart des réserves pétrolières mondiales. Les nations nordiques débattent, échangent, se chamaillent sur ce sujet. La gouverneure de l’Alaska, qui se trouve aussi à être candidate à la vice-présidence des États-Unis, s’est clairement prononcée en faveur de l’exploitation pétrolière dans la Réserve faunique de l’Arctique…
Pour ce qui est des températures, prenons l’exemple de l’île Ellesmere au nord du Groenland. Celle-ci a enregistré jusqu’à +20°C en aout 2008, alors que les pics connus en cette saison ne dépassaient guère jusque-là les +9°C. En janvier (mois le plus froid de l’année), les températures y oscillent habituellement entre -35,9°C et -28,8°C, et bien en janvier 2008 des pics à 0°C ont été enregistrés, record absolu…
Comme l’écrit le journaliste scientifique Andrew Revkin, du New York Times : « il est fort possible que vos petits-enfants grandiront dans un monde où le mot « Arctique » n’aura plus du tout la même signification. Un océan comme un autre, plutôt qu’un territoire glacé et inhospitalier ».

 

4 commentaires


  1. 1 Sept2007Sept2008
  2. 2 Diti

    Mouais… l’ouverture de l’Arctique aux capitalistes, personnellement, c’est quelque chose qui ne m’inspire pas tant que ça. Les voies navigables sont une « bonne chose », mais si l’Arctique fond, c’est à cause du réchauffement ; et si on se met à récolter du pétrole à cet endroit, que va-t-il devenir à votre avis ? Il contribuera encore plus au réchauffement, à la fois à cause du coût de transport du pétrole en lui-même, mais également à cause de ses utilisations après raffinage.

  3. 3 Samuel

    Disons que la fonte de la banquise en Arctique aura des conséquences immédiates :
    - ouverture des deux passages Nord-est et Nord-ouest simultanément, comme ça a été le cas pour la première fois cette année. Ces 2 passages sont un gain de temps énorme pour les navires entre l’Europe et l’Asie. On peut donc envisager un trafic plus intense, engendrant donc de possibles désagréments : marée noire, pollution, dérangement…
    - c’est aussi cette absence de glace qui donne accès plus facilement aux richesses de l’Arctique, surtout d’ordre pétrolifère. La Russie est en train d’ailleurs de mettre la pression à la communauté internationale à ce sujet (voir ici http://www.french.xinhuanet.com/french/2008-09/18/content_721672.htm)
    Des conséquences aussi sur la faune, on parle beaucoup de la disparition des Ours polaires, mais le Renard arctique et la Mouette ivoire semblent également concernées.
    Pour aller plus loin, le réchauffement des alentours du pôle nord a déjà des conséquences sur le dégel du pergélisol libérant ainsi du méthane (gaz à effet de serre), ou entrainant encore l’effondrement des terrains sur lesquels sont battis des villages de populations autochtones.
    Un rapport à récemment été remis à l’ONU sur les risques d’un nouveau phénomène : les réfugiés climatiques !
    Bref la liste est encore longue… A nous d’agir !

  1. 1 Sauver la banquise
    Article cité le 18 sept 2008 à 15:56

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